Fiche mise à jour le 9 mai 2020

Idarubicine – ZAVEDOS®

Présentation


Classification médicamenteuseDosagePhotographies
Cytotoxique : Anthracycline = agent intercalant, inhibiteur de topoisomérase II Flacons de 1 gélule à 5, 10 ou 25 mg 

Indications AMM


Leucémie aiguë myéloblastique, non hyperleucocytaire, identifiable dans la classification FAB, LAM3 exceptée, chez le sujet âgé de plus de 60 ans, dans les circonstances suivantes :

D’autres indications hors-AMM peuvent parfois être proposées.

Posologie - Mode d'administration


Une seule prise par semaine
OU Une prise par jour pendant 3 jours
à heure fixe, au cours d'un repas léger
J1 reprise à J8
OU 3 jours consécutifs
J1-J8

Conditions de prescription et délivrance


Disponible en pharmacie de ville.

Prescription hospitalière réservée aux spécialistes en oncologie ou en hématologie ou aux médecins compétents en cancérologie.

Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement :

Effets indésirables


ToxicitéFréquenceGradeSurveillance / Prévention
Hématologique
Leucopénies, anémies, thombocytopénies, pancytopénies, neutropénies, neutropénies fébriles Hypoplasie médullaire et myelosuppression Très fréquent2-3

Dose-dépendante, réversible, non cumulative.
Surveillance NFS régulière.
Surveillance des signes d’alertes, notamment fièvre et frissons : consultation médicale si T° > 38,5°C
Contact avec des personnes malades à éviter
> Arrêt si PNN <1G/L Plq <50G/L ou Hb<8g/dL.

Métabolisme et Nutrition
AnorexieTrès fréquent 

Repas fractionnés en plusieurs prises de petites quantités

Cardiaque
Tachycardie sinusale, tachyarythmies, bradycardie, diminution asymptomatique de la fraction d'éjection ventriculaire gaucheTrès fréquent 

Cumulative (400mg/m²), dose dépendante, irréversible. Surveillance clinique, ECG réguliers.

CardiomyopathiesFréquent 
Vasculaire
Phlébites, TVP, hémorragies Fréquent 

Surveillance des patients à risque (anticoagulants, antiagrégants plaquettaires…)

Gastro-intestinales
Nausées, vomissements Très fréquent2

Surveillance de la perte de poids, alimentation fragmentée en plusieurs repas légers, liquide et froide, moins grasse, sans friture ni épices. Prescription possible d’antiémétiques

DiarrhéesTrès fréquent2

Alimentation pauvre en fibre, hydratation abondante, éviter laitage, café, alcool, fruits et légumes crus. Prescription possible d’anti-diarrhéiques.

Surveiller une déshydratation

Mucite/stomatite, douleurs abdominales, sensations de brûlures Très fréquent2-3

Éviter les aliments acides, collants ou très salés. Utilisation d’une brosse à dent souple, bains de bouche au bicarbonate de sodium possibles (éviter menthol).

Hémorragies du tractus gastro-intestinal, coliquesFréquent 
Cutanée
AlopécieTrès fréquent 

Réversible a l’arrêt du traitement

Rash, pruritFréquent 

Utilisation d’un savon doux et d’un agent hydratant, exposition au soleil à éviter et utilisation d’écran total

Syndrome main pied 

En cas d’association à la cytarabine.
Utilisation d’un agent hydratant et/ou de crèmes cicatrisantes sur les mains et pieds
Prescription possible de crèmes kératolytique à l’urée ou à l’acide salicylique dans les formes hyperkératosiques
Utilisation possible de semelles orthopédiques +/- orthèses siliconées

Rénale
Coloration des urines en rougeTrès fréquent 

Prévenir le patient de la coloration rouge des urines 1-2 jours après la prise.

Hépatique
Elévation des transaminases et de la bilirubine Très fréquent 

Surveillance, modification de la posologie ou arrêt du traitement possible

Généraux
Fièvre, céphalées, frissonsTrès fréquent 

Surveillance de la température, consultation médicale si T>38,5°C

Populations particulières et recommandations


Insuffisance hépatique : métabolisation hépatique importante. Elimination biliaire. Adaptation de la posologie en cas d’insuffisance hépatique (bilirubine comprise entre 30 et 50 µmol/L : réduction de 50% de la dose). Arrêt du traitement en cas de bilirubinémie > 50µmol/L. Contre-indiqué en cas d’insuffisance hépatique sévère.

Insuffisance rénale : Elimination rénale mineure. Adaptation de la posologie en cas d’insuffisance rénale (Cl comprise entre 10 et 30mL/min : réduction de 30% de la dose). Contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale sévère.

Population pédiatrique : Aucune donnée disponible

Bilan biologique
Surveillance régulière : bilan hépatique, rénal , NFS et plaquettes
Grossesse et allaitement
Grossesse et allaitement contre-indiqué (traitement réservé aux patients > 60 ans)

Métabolisme et transporteurs


2C92D6CYP2C9CYP2D6
substratmajeuremajeure
 Voie métabolique majeure / inhibiteur-inducteur puissant
 Voie métabolique mineure / inhibiteur-inducteur modéré

Interactions médicamenteuses majeures


Avec certains vaccins : risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle

Vaccins vivants atténués : contre fièvre jaune, varicelle, zona, rougeole, oreillons, rubéole, tuberculose, rotavirus,  certains vaccins contre la grippe

Conseil(s) :

Association contre-indiquée jusqu’à 6 mois après l’arrêt du traitement. Prescription possible de vaccins inactivés (exemple grippe)

Avec les anti-acides : diminution de l’absorption digestive de l’idarubicine, pouvant amener à un risque d’échec thérapeutique.

  • Anti-H2 = cimetidine, ranitidine
  • Pansements gastro-intestinaux
  • IPP = es/oméprazole, pantoprazole, lansoprazole
Conseil(s) :

Association contre-indiquée.

Avec certains médicaments majorant la toxicité de l’idarubicine

Olaparib

Conseil(s) :

Association déconseillée. Majoration de la myélosuppression. Surveillance clinique et biologique en cas d’association.

Immunosuppresseurs : tacrolimus, ciclosporine, everolimus, sirolimus, temsirolimus

Conseil(s) :

Association à prendre en compte. Immunodépression excessive avec risque de syndrome lymphoprolifératif

Flucytosine

Conseil(s) :

Association à prendre en compte. Risque de majoration de la toxicité hépatique. Surveillance biologique en cas d’association.

Avec d’autres médicaments

Phénytoïne et fosphénytoïne

Conseil(s) :

Association déconseillée. Majoration du risque de convulsion par diminution de l’absorption digestive de l’anti-épileptique. Induction enzymatique par la phényoïne pouvant amener à un risque d’échec thérapeutique de l’idarubicine.

Antivitamine K

Conseil(s) :

Précaution d’emploi. Surveillance de l’INR.

Interactions avec la phytothérapie


Certaines plantes et ou aliments peuvent interagir avec ce traitement. Néanmoins, les niveaux d’interactions dépendront de l’exposition. La quantité consommée, la fréquence, une supplémentation dépassant l’usage culinaire habituel, devront être pris en compte.

Pouvant majorer une hématotoxicité : Luzerne, Olivier