Fiche mise à jour le 10 mai 2021

Chlorambucil – CHLORAMINOPHENE®

Présentation


Classification médicamenteuseDosagePhotographies
Cytotoxique alkylant2 mg 

Indications AMM


D’autres indications hors-AMM peuvent parfois être proposées, y compris en pédiatrie.

Posologie - Mode d'administration


Une prise par jour, à heure fixe, à jeun
J1-J28
Maladie de Hodgkin (Monothérapie ou en association) Monothérapie : 0,2 mg/kg/jour pendant quatre à huit semaines.

Association : se référer au schéma thérapeutique utilisé.

Lymphome non hodgkinien (Monothérapie) Tt d’attaque : 0,1 à 0,2 mg/kg/jour pendant quatre à huit semaines

Tt d’entretien : posologie quotidienne réduite ou en cures intermittentes.

Leucémie lymphoïde chronique Tt d’attaque : 0,15 mg/kg/jour jusqu’à diminution du nombre total de leucocytes à 10 000 par microlitre.

Tt d’entretien : 0,1 mg/kg/jour (traitement possible quatre semaines après la fin de la première cure).

Conditions de prescription et délivrance


Disponible en pharmacie de ville.

Prescription hospitalière réservée aux spécialistes en hématologie et néphrologie et aux médecins compétents en maladie du sang.

Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.

Effets indésirables


ToxicitéFréquenceGradeSurveillance / Prévention
Hématologiques et du système lymphatique
Leucopénie, neutropénie, pancytopénie et dépression de la moelle osseuseTrès fréquent2-3

Surveillance de la NFS régulière.

Arrêt du traitement si PNN ≤ 2G

Surveillance des signes d’infection et dhémorragies

Habituellement réversible si le traitement par chlorambucil est arrêté rapidement

Adaptation posologique en cas d’infiltration de la moelle osseuse par les lymphocytes ou de moelle osseuse hypoplasique (posologie : max 0,1 mg/kg)

ThrombopénieTrès fréquent1-2
Système nerveux
ConvulsionsFréquent 

Facteurs de risque

  • Antécédents de convulsions
  • Traitement intermittent à fortes doses
Gastro-intestinales
Nausées et vomissementsFréquent1-2

Peu sévères

Surveillance de la perte de poids.

Alimentation i) fragmentée en plusieurs repas légers, ii) liquide et froide et iii) moins grasse, sans friture ou épices.

Prescription possible de traitements antiémétiques.

DiarrhéeFréquent1-2

Alimentation pauvre en fibre avec féculents, carotte, banane et éviter fruit et légumes crus, laitage, café et alcool.

Hydratation abondante.

Prescription possible de traitements anti-diarrhéiques.

Ulcération buccalesFréquent1-2
Affections des organes de reproduction et du sein
Aménorrhée, azoospermie Fréquent 

Rapide, 3 à 4 semaines, et définitive

Stérilité Fréquent 

Réversible ou irréversible dans les deux sexes

Contraception obligatoire

Des leucémies secondaires ont été décrites, notamment après un traitement prolongé.

Pour toute information complémentaire concernant les effets indésirables et leur gestion, consulter les « recommandations sur la prévention et la gestion des effets indésirables des anticancéreux par voie orale » de l’Institut National du Cancer

Populations particulières et recommandations


Insuffisance hépatique : Métabolisation hépatique importante. Adaptation de la posologie en cas d’insuffisance hépatique sévère (Réduction posologique possible). Surveillance accrue des effets indésirables en cas d’insuffisance hépatique.

Insuffisance rénale : Elimination rénale mineure. Adaptation de la posologie en cas d’insuffisance rénale modérée (posologie : 1,5 à 9 mg/jour). Adaptation de la posologie en cas d’insuffisance rénale sévère ou d’hémodialyse (posologie : 1 à 6 mg/jour). Surveillance accrue des effets indésirables en cas d’insuffisance rénale (risque accru de dépression médullaire).

Non dialysable

Patients âgés : En l’absence de données pour les indications oncologiques, prudence chez le sujet âgé et surveillance de la fonction rénale et hépatique.

Population pédiatrique :Aucune donnée disponible dans le RCP.

Autres : Administration non recommandée chez les patients ayant récemment subi une radiothérapie ou reçu d’autres agents cytotoxiques

Bilan biologique
NFS régulière
Grossesse et allaitement
Contraception chez les femmes et les hommes pendant le traitement. Grossesse contre-indiquée. Allaitement contre-indiqué.
Surveillance clinique
Risque de convulsions chez les patients soumis à un traitement intermittent à fortes doses et les patients aux antécédents convulsifs.

Interactions médicamenteuses majeures


Avec les vaccins vivants attenués : Risque de maladie vaccinale généralisée mortelle

Vaccins contre la fièvre jaune

Conseil(s) :

Contre-indication pendant la chimiothérapie et les 6 mois suivant l’arrêt de la chimiothérapie.

Avec la phénytoïne et la fosphénytoïne :

  • Risque de survenue de convulsions par diminution de l’absorption digestive de la phénytoïne par le cytotoxique.
  • Risque de majoration de la toxicité ou perte d’efficacité du cytotoxique par augmentation de son métabolisme hépatique par la phénytoïne ou la fosphénytoïne

Phénytoïne, fosphénytoïne

Conseil(s) :

Association déconseillée.

Examen approfondi du rapport bénéfice/risque

Surveillance étroite du patient

Avec l’olaparib : risque de majoration de l’effet myélosuppresseur du cytotoxique

Olaparib

Conseil(s) :

Association déconseillée

Examen approfondi du rapport bénéfice/risque.

Surveillance étroite du patient

Avec les antivitamines K : augmentation du risque thrombotique et hémorragique au cours des affections tumorales et  possible interaction entre les AVK et la chimiothérapie.

AVK

Conseil(s) :

Contrôle plus fréquent de l’INR.

Renforcement de la surveillance clinique

Avec les immunosuppresseurs : Immunodépression excessive avec risque de pseudo-lymphomes

Immunosuppresseurs

Conseil(s) :

Renforcement de la surveillance clinique et biologique

Interactions avec la phytothérapie


Certaines plantes et ou/aliments peuvent interagir avec ce traitement. Néanmoins, les niveaux d’interactions dépendront de l’exposition. La quantité consommée, la fréquence, une supplémentation dépassant l’usage culinaire habituel, devront être pris en compte. L’intensité de l’interaction peut être évaluée sur le site thériaque (Hedrine)

Pouvant majorer une hématotoxicité : olivier, luzerne