Fiche mise à jour le 28 janvier 2019

Erlotinib – TARCEVA®

Présentation


Classification médicamenteuseDosagePhotographies
Thérapie ciblée : inhibiteur des tyrosines kinases EGFR 25 mg
100 mg
150 mg
 

Indications AMM


  • cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé ou métastatique EGFR muté en première ligne
  • cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé ou métastatique EGFR muté en maintenance chez les patients avec une maladie stable après 4 cycles d’une première ligne de chimiothérapie standard à base de sels de platine [non remboursé]
  • cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé ou métastatique après échec d’une première ligne de chimiothérapie
  • cancer du pancréas métastatique en association avec la gemcitabine [non remboursé]

D’autres indications hors AMM peuvent parfois être proposées

Posologie - Mode d'administration


Une prise par jour, à heure fixe, en dehors des repas
En continu

Conditions de prescription et délivrance


Effets indésirables


ToxicitéFréquenceGradeSurveillance / Prévention
Cutanée
Éruption cutanée, dermite acnéiforme
Prurit
Sécheresse, fissures
Très fréquent à fréquent 

Utilisation d’un savon doux et d’un agent hydratant, séchage par tamponnement. Exposition au soleil à éviter et utilisation d’un écran total. Prescription possible d’antibiotiques ou de corticoïdes topiques, prescription possible de cycline, d’antihistaminique ou de corticoïde par voie orale

ParonychieTrès fréquent à fréquent 

Traumatismes à éviter, coupure des ongles droits et pas trop courts. Traitement possible par antiseptique et corticoïdes locaux

AlopécieTrès fréquent à fréquent 
Gastro-intestinale
DiarrhéeTrès fréquent à fréquent 

Alimentation pauvre en fibre avec féculents, carotte, banane et éviter fruit et légumes crus, laitage, café et alcool. Hydratation abondante. Prescription possible de traitements anti-diarrhéiques

Nausée, vomissementsTrès fréquent à fréquent 

Surveillance de la perte de poids. Alimentation i) fragmentée en plusieurs repas légers, ii) liquide et froide et iii) moins grasse, sans friture ou épices. Prescription possible de traitements antiémétiques

StomatitesTrès fréquent à fréquent 

Alimentation adaptée en évitant les aliments acides, qui collent et très salés. En prévention, utilisation d’une brosse à dent souple, d’un bain de bouche avec bicarbonate de sodium sans adjonction d’autres produits et éviter les bains de bouches avec menthol. En curatif, prescription possible de bains de bouche avec bicarbonate et  antifongique, et de topiques anesthésiants

Douleur abdominaleTrès fréquent à fréquent 
Infection
Fréquent 

Surveillance des signes d’alertes, notamment fièvre et frissons : consultation médicale si T° > 38,5°C

Générale
AnorexieTrès fréquent à fréquent 

Repas fractionnés en plusieurs prises de petite quantité

FatigueTrès fréquent à fréquent 

Activités indispensables et celles qui procurent un bien-être à privilégier, activité sportive adaptée et régulière à encourager

Pulmonaire
Dyspnée, touxFréquent 

Surveillance clinique, consultation médicale si majoration des symptômes

Ophtalmologique
Conjonctivite, kératoconjonctiviteFréquent 

Utilisation possible de larmes artificielles ou collyre anti-inflammatoire. Consultation ophtalmologiste si troubles persistants

Pour toute information complémentaire concernant les effets indésirables et leur gestion, consulter les « recommandations sur la prévention et la gestion des effets indésirables des anticancéreux par voie orale » de l’Institut National du Cancer

Populations particulières et recommandations


Bilan biologique
Surveillance fonction hépatique et rénale régulière
Grossesse et allaitement
Contraception obligatoire chez les femmes et les hommes durant le traitement et 2 semaines après.
Allaitement contre-indiqué

Métabolisme et transporteurs


1A22A62B62C82C92C192D62E13A4/5P-gpBCRPUGT1A1UGT1A9CNT1ENT1ENT2OCT2MATE1
substrat mineure majeure majeure
inducteur mineure mineure
 Voie métabolique majeure / inhibiteur-inducteur puissant
 Voie métabolique mineure / inhibiteur-inducteur modéré

Interactions médicamenteuses majeures


Avec les inhibiteurs puissants du CYP 3A4. Augmentation des concentrations plasmatiques d’erlotinib en cas d’association avec :

Antihypertenseurs et antiarythmiques : amiodarone, diltiazem, verapamil
Antifongiques azolés : 
fluconazole, kétonazole, voriconazole, etc.
Antibiotiques macrolides : 
clarithromycine, télithromycine, etc. (sauf spiramycine)
Antirétroviraux inhibiteurs de protéase : 
indinavir, ritonavir, lopinavir/ritonavir, saquinavir, telaprevir, nelfinavir, boceprevir, etc.
Cimetidine

Conseil(s) :

Si nécessaire, la dose d’erlotinib pourra être réduite, particulièrement en cas d’apparition de toxicité́.

Avec les inducteurs puissants du CYP 3A4. Diminution des concentrations plasmatiques d’erlotinib en cas d’association avec :

Antibiotiques : rifampicine
Antiépileptiques : Phénytoïne, carbamazepine, barbituriques

Conseil(s) :

Une augmentation de la dose d’erlotinib jusqu’à 300 mg puis 450mg est possible avec une surveillance étroite de la tolérance.

  • Avec d’autres médicaments
    • Statines: augmentation du risque de myopathie induite par les statines (y compris rhabdomyolyse)
    • Inhibiteurs de la glycoprotéine-P (ciclosporine, vérapamil, etc.): altération de la distribution et/ou de l’élimination de l’erlotinib. Une attention particulière doit être exercée dans de telles situations.
  • Avec des médicaments antiacides : l’association de l’erlotinib aux inhibiteurs de la pompe à protons doit être évitée.
    Conseil : les antiacides doivent être pris au moins 4 heures avant ou 2 heures après la prise quotidienne d’erlotinib. Si l’utilisation de la ranitidine est envisagée, elle doit l’être de façon espacée.
  • Interaction avec les anti-vitamines K : les patients conjointement traités par un dérivé coumarinique doivent contrôler régulièrement leur INR.

Interactions avec la phytothérapie


Certaines plantes et ou aliments peuvent interagir avec ce traitement. Néanmoins, les niveaux d’interactions dépendront de l’exposition. La quantité consommée, la fréquence, une supplémentation dépassant l’usage culinaire habituel, devront être pris en compte. L’intensité de l’interaction peut être évaluée sur site thériaque (Hedrine): http://www.theriaque.org/apps/recherche/rch_phyto.php

Inhibiteur du CYP 3A4 : Jus de pamplemousse, Jus d’orange amère (orange de Séville), Citron vert, Pomélo, Aloe Vera, Chardon Marie, Curcuma, Fenouil, Fenugrec, Fumeterre, Gattilier, Gingembre, Ginko biloba, Ginseng, Grenade, Gui, Harpagophytum, Huanglian, Lin, Mahonia, Menthe poivrée, Myrtille, Olivier, Orthosiphon, Passiflore, Poivre noire, Prêle,  Levure de Riz rouge, Trèfle rouge
Inducteur du CYP 3A4 : Millepertuis, Ail, Aubépine, Echinacée, Kava Kava, Menthe verte, Sauge
Antioxydants : Thé vert, Sélénium, Vitamines C et E (à forte dose), Desmodium